Exploitation des hydrocarbures non conventionnels

Fracturation hydraulique et occupation au sol


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North Dakota : chaque point jaune représente une plateforme de forage
et chaque trait blanc un forage horizontal en profondeur.
Source : The New York Times 2014 
Ce à quoi ressemblerait le North Dakota
si les puits de forage étaient au-dessus du sol
Soure : The New York Times 2014 

 

Lorsque les hydrocarbures sont piégés dans une roche compacte (roche mère ou non), leur exploitation ne peut être réalisée que par fracturation hydraulique. Pour être rentable et efficace, cette technique doit être utilisée sur de nombreux puits horizontaux qui suivent et couvrent le gisement. Chacun de ces segments horizontaux ne peut dépasser la distance de 2 km, toujours pour des questions de rentabilité et d’efficacité.

Dans les gisements d’hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis, l’amélioration technologique a permis d’augmenter régulièrement la longueur de ces segments : 1.3 km en 2012 (en moyenne), 1.4 km en 2014. On peut penser que la longueur idéale sera, en 2015, 1.5 km. Comme les fracturations ont une extension latérale limitée à 200 ou 300 m, il faut juxtaposer plusieurs forages horizontaux.

En reliant plusieurs forages horizontaux à une même plateforme de forage, la densité moyenne actuellement est d’une plateforme de forage (soit 1 ha) pour 3 km2.

Veut-on réellement cela pour le Plateau Suisse ?...  D'autant qu'à long terme avec le problème de la dégradation des puits, on peut s'attendre à d'importantes et "éternelles" fuites de méthane dans toute cette région (voir Etanchéité des puits)

  

En mars 2015, le Conseil d’Etat répondait aux interventions d’Olivier Epars et de Michel Collet à propos des projets de Noville et du Gros-de-Vaud. Relevons dans ce contexte que la réponse donnée à la question 4 d’Olivier Epars crée beaucoup de confusion.

Voici la question et la réponse :

2.4 question 4
S’il faut environ un hectare pour l’exploration, quelle est la surface nécessaire pour exploiter un gisement de gaz non conventionnel à moyen terme quand on sait qu’il est rapidement nécessaire de forer plusieurs nouveaux puits pour éviter une diminution de la production, les puits s’épuisant rapidement ? Cette surface est-elle compatible avec notre petit pays et le maintien des surfaces cultivables ?
Les modalités d’exploitation des différents gisements de gaz sont très variables et dépendent des caractéristiques propres à chaque gisement. Les techniques d’exploitation sont en constante évolution et il est par exemple aujourd’hui possible d’effectuer plusieurs forages de longues distances (parfois plus d’une dizaine de kilomètres) à partir d’un même site.

Le Conseil d’Etat ne nie pas que les éventuels gisements de gaz naturel dans le Canton de Vaud soient des gisements de gaz non conventionnel. Par contre il se réfère à des techniques de forage inutilisables en ce cas. Les forages horizontaux de 10 km ou plus sont réalisés pour atteindre depuis la terre ferme des gisements conventionnels « offshore ». Il serait très risqué et très coûteux d’utiliser de tels forages pour le fracking.

  

Merci à Marc Durand pour son éclairage sur ce thème.